L’étudiante, édition 2020-2021

Pas facile d’être étudiante en 2021.

Il ne s’agit pas là de faire une hiérarchie entre les différentes classes sociales françaises face à la pandémie mais simplement de poser un fait, surtout parce que j’ai besoin de me livrer.

Nous autre étudiants tentons déjà depuis un long moment d’alerter les autorités gouvernementales sur les conditions de notre santé physique et mentale, expérimentant nos premier burn-out dès les bancs de la fac, contractant nos premières dettes pour venir à bout de nos études.

La pandémie n’a fait que révéler au grand jour les maux sociétaux qui brûlent depuis bien longtemps et le mal-être étudiant ne fait pas exception à la règle.

La particularité des étudiants je dirais, c’est tout de même que dans l’ensemble, nous ne sommes par les plus à risques et pourtant, nous payons le prix cher: nous nous retrouvons isolés, privés de nos restaurants universitaires, de nos bibliothèques, de nos halls de fac et de nos machines cafés. Nous nous retrouvons confiné dans nos 15 mètres², interdit d’aller voir nos familles et amis pourtant acteurs majeurs de notre réussite académique de part leur soutien inconditionnel. Nous peinons à trouver nos stages, nos alternances, nous perdons nos jobs étudiants.

Avec un sentiment de vie étudiante volé, nous nous retrouvons lancé dans un flou vertigineux, déprimant en repensant au sentiment d’invincibilité que l’on avait lorsqu’on s’était lancé bac en poche, dans la très fameuse « vie universitaire », maintenant étouffé par les difficultés.

Verte d’amour: jalousie et papillons

Je suis de celles qui ont mis du temps à se mettre en couple.

Les amours de collège ou de lycée n’ont pas existé chez moi. Pour une fois plutôt prudente dans mes choix (probablement à cause de ces histoires d’amour idéalisé qui dure toute la vie), je me suis aventurée dans la fondation d’un couple la vingtaine passée, bien après les flirts universitaires et les rêves adolescents.

Durant ces deux décennies et quelque seule, à voir les couples se former et se déformer sous mon nez, j’ai énormément réfléchi à mon rapport au couple et à l’amour.
S’il y’a une chose dont j’ai toujours été certaine, c’est que pour savoir « qui choisir », il fallait que je sache « quoi chercher » dans un couple qui me ferait quitter « l’indépendance » de la célibataire endurcie que j’étais.

Si le célibat m’allait comme un gant, je ne manquais pas d’amour à donner et Dieu ce que j’en ai créées de belles relations. Des filles, des garçons, des jeunes, des vieux, dans ma famille ou dans mon entourage universitaire, j’ai toujours su créer de belles relations, fortes et longues, avec les gens dont j’aimais la personne et la compagnie. Mais le couple étant la norme, j’ai parfois commencé à me poser des questions, à la Céline Dion: « D’amour ou d’amitié ? ».

Dur dur de répondre à cette question quand on se rend compte qu’on ne connait pas vraiment la véritable différence entre les deux.
Alors j’ai réfléchi, prenant au maximum la distance avec les hormones de mon adolescence, jusqu’à réussir à arriver à une conclusion qui ne me donner pas l’impression d’être un mensonge que je tentais de me convaincre.

L’amour et l’amitié, n’est ce pas la même chose: de l’amour tout court ?

On aime la personne, on s’en inquiète tendrement, on lui souhaite le meilleur et on va parfois tenter de le lui chercher nous même. Tant de visages apparaissent dans mon esprit quand je pense à ce sentiment qui me fait chaud au cœur. Alors quoi, l’amour serait le sentiment lorsque cette sensation de chaud au cœur descend aussi sous la ceinture ? Mais quid de mon premier amour, quand j’étais enfant et que je pensais que les bébés arrivaient dans le ventre des mères après un passage chez le docteur, ce n’était que de l’amitié ?

Et si ces deux mots n’étaient là que pour nous imposer, au sein même de l’intimité de notre cœur aimant, des fausses différences aboutissant à acceptations et interdits sociétaux ?
Voilà le pari que j’ai décidé de prendre quelques années avant ma majorité et plus jamais je n’ai joué à ce jeu malsain qui consiste à mettre des mots génériques à des relations uniques.

Sur nos relations, on y met des sentiments et on y crée des moments à garder au cœur de notre âme. C’est tout.

Lorsque j’en parlais, la majorité du temps, on me disait que cette vision presque utopique et « trop parfaite » changerait lorsque je serai en couple. Ainsi le couple serait l’amour agrémenté d’un supplément possessivité ? On n’aimerait très très fort plus qu’une seule personne lorsqu’on serait en couple ? Très peu pour moi.

En grandissant, j’ai entendu parlé du polyamour, le fait d’aimer plusieurs personnes à la fois, et très vite dans mon esprit, c’est apparu comme une évidence:
si d’amour ou d’amitié était une fausse question pour mettre la romance unique et exclusive au dessus de l’amitié, l’amour unique n’est elle aussi qu’une construction qu’on a bêtement mis comme règle universelle sans que tout ça soit réellement naturel.

Si on accepte sans trop de soucis que nos amis aient d’autre amis, pourquoi ne pas accepter que nos amours aient d’autre amours ?

Aimons-nous pour le plaisir de donner et recevoir ou aimons-nous pour posséder quelqu’un ?

Et puis très honnêtement:

Comment en vouloir à un cœur d’être trop grand pour une seule personne ?

L’amour peut se colorer en rouge passion, en rose douceur, en blanc innocent, en jaune joyeux, mais certainement pas en vert jalousie.

Pour commencer

Pourquoi ouvrir un blog ? Ou plutôt, comment expliquer que j’ouvre un blog ?
Voilà la question que je me pose depuis quelques jours tout en ayant les doigts qui démangent et le cerveau qui fuse.

Ah, le cerveau qui fuse: le cadeau et le fardeau de ma vie en même temps.

Une petite voix en moi me dit que c’est ridicule d’ouvrir un blog uniquement parce que j’estime que j’ai des choses à dire. Mais peut être qu’il faudrait justement ajouter à la liste des objectifs de ce blog la nécessité de faire taire cette petite voix.

Je vis actuellement une grande période de réflexions et questionnements qui heureusement aboutissent tout de même à certaines pensées, certaines idées, qui font des sprints dans mon cerveau. Et ça me démange, je veux échanger, je veux discuter, je veux exprimer.
Quoi de mieux que d’humblement m’exprimer derrière un écran, ayant ainsi tout le loisir de réfléchir des heures à mes mots contrairement aux moments où mon cerveau dans son mode Marathon m’aurait empêché de faire de vive-voix une phrase représentant fidèlement ma pensée.

« Se trouver dans un trou, au fond d’un trou, dans une solitude quasi totale et découvrir que seule l’écriture vous sauvera. »

Margueritte Duras

Et puis, il faut se le dire, en plus de la période particulièrement isolante que nous vivons, entre deux confinements anti-covid, je ne me suis jamais sentie aussi libre de m’exprimer avec sérénité que lors de mes nombreux monologues sur les diverses blogs que j’ai eu.

Il faut dire que je cumule dans ma vie les états compromettant mon expression:

Je suis une femme, régulièrement coupée dans mes propos par des hommes, même lorsque je parle de mon domaine d’expertise et rapidement catégorisée « hystérique » (je parlerai plus tard de l’horrible étymologie de ce mot qui mérite bien quelques mots).

Je suis une ainée de famille élevée par une mère qui a passé sa vie à ne pas dire les choses qu’elle pense, à dire ce qu’on veut qu’elle dise.

Je suis une « fille des cités », dont les origines sociales véhiculent trop souvent des clichés avant même que je ne commence à exister dans l’esprit des autres par mes propres propos et mon individualité.

Je suis une future sage-femme, légalement une profession médicale mais socialement des groupes de femmes, anciennement appelées « sorcières », qui s’occupent de femmes et tous les jours les hiérarchies hospitalières et académiques nous rappellent que c’est suffisant pour se faire dévaloriser dès que possible.


Mais malgré tout ça, j’ai des choses à dire, j’ai un besoin de dire, un besoin d’enfin accepter l’hyperexcitabilité de ce cerveau si longtemps réprimé et détesté, alors me voilà.

Au programme: médecine et santé mentale, féminisme, écologie, précarité et autres trémulations cérébrales entre quelques pages de journal intime.

Bienvenu dans ce que j’espère être un espace d’échange tant désiré de mon côté.